Vers une “banalisation” de l’extrême-droite en Europe?

Après l’arrivée au gouvernement de l’extrême droite en Autriche, l’Union Européenne reste silencieuse.

A la suite des élections législatives tenues en octobre 2017 en Autriche, le nouveau chancelier conservateur Sebastian Kurz a choisi de fonder une coalition avec le parti d’extrême droite « le Parti de la liberté d’Autriche » (FPÖ). Trois de ses membres se sont ainsi vus confier la direction de ministères régaliens : l’Intérieur, la Défense et les Affaires étrangères. Ce n’est cependant pas la première fois que ce parti, fondé en 1956, se retrouve au gouvernement. En 1983 et 1999 déjà, le FPÖ a partagé le pouvoir avec le parti conservateur. Pour certains spécialistes, ce gouvernement de coalition sera plus modéré que ceux présents en Hongrie et en Pologne et semblable à ceux du Danemark et des Pays-Bas.

Certains s’étonnent du silence de l’Union Européenne, alors qu’en 2000 les États membres avaient suspendu leurs relations bilatérales avec l’Autriche pendant sept mois en réaction à cette alliance avec l’extrême-droite. Le changement de ton s’inscrit, semble-t-il, dans un nouveau contexte politique. Face à la montée des populismes radicaux, les partis d’extrême droite européens sont de plus en plus présents dans des coalitions politiques et sortent ainsi de leur rôle traditionnel d’opposition. Des pays d’Europe de l’Est (Slovaquie, Pologne, République Tchèque, Hongrie), s’affirment comme des leaders d’opposition face à la politique d’accueil des réfugiés voulue par Angela Merkel. Pour le politologue Rheinhard Heinisch, ces Etats souffrent de conflits ethniques et sociaux-culturels non résolus. L’opposition de gauche est également très faible car elle est le symbole de l’acceptation et de l’application des critères d’austérité nécessaires à l’adhésion à l’Union européenne.

Aux Pays-Bas, en Allemagne, en France, les dirigeants nationalistes ont rejoint les bancs des différentes institutions politiques. Néanmoins, l’entrée de l’extrême droite dans le gouvernement autrichien marque un tournant. D’autant plus que Sebastian Kurz avait la possibilité de former une “grande” coalition avec le parti social-démocrate, optant délibérément pour la voie extrême. Depuis son élection, il est vivement critiqué par une partie de l’opinion publique autrichienne et sur la scène européenne pour avoir participé au succès du FPÖ en mettant l’accent sur les questions migratoires et identitaires. La situation en Autriche reste singulière vis-à-vis des autres gouvernements de coalition comprenant des membres de parti d’extrême-droite, puisque le pays jouit d’un dynamisme économique et social qui n’a connu que très peu d’interruption.

Si le FPÖ ne semble plus remettre en question la présence de l’Autriche dans l’UE, le parti sera très probablement actif sur les questions d’immigration. Selon l’agence Bloomberg, un sommet sur cet enjeu est dores et déjà prévu lors de la présidence de l’Autriche au Conseil européen. Le succès autrichien semble également profiter aux autres mouvements d’extrême-droite européen puisqu’une réunion a eu lieu à Prague entre leurs dirigeants, dont la française Marine Le Pen et le néerlandais Geert Wilders.

Cette fois-ci, l’Union Européenne a salué le fait que le nouveau chancelier n’envisage pas de référendum sur la sortie de l’UE et que sa première visite officielle à l’étranger soit réservée au président de la Commission européenne. Sebastian Kurz gardera également la main sur les dossiers européens, ce qui rassure Bruxelles car l’Autriche aura la présidence tournante du Conseil européen au second trimestre de 2018. « Je fais confiance au gouvernement autrichien pour continuer à jouer un rôle constructif et pro-européen dans l’Union européenne. » a déclaré Donald Tusk, président du Conseil européen.

Autre symbole d’un changement, la réaction des Autrichiens a également été bien moindre qu’en 2000. Le 18 décembre 2017, seules 5 500 personnes sont allées manifester leur opposition à l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir contre 250 000 en 2000, sur un peu plus de 8 millions d’Autrichiens. La banalisation de l’extrême-droite, dans les sociétés nationales comme sur la scène européenne, semble ainsi s’imposer ces dernières années. Pour Anaïs Voy-Gillis, membre de l’Observatoire européen des extrêmes et doctorante à l’Institut français de géopolitique, cette « banalisation » appelle l’Union Européenne à « se remettre en cause » face à cette « manifestation de défiance généralisée » des citoyens, notamment envers l’Europe.

Au niveau européen, ce phénomène est d’autant plus préoccupant que la plupart des partis nationalistes sont aussi de fervents europhobes. Gageons que les prochaines élections européennes en 2019 nous montrerons si cette tendance explose ou est vouée à l’échec. Et si, cette fois, l’Union Européenne sortira enfin de son silence.

Interview avec Thibaud Kurtz, Consultant sur les questions africaines

Le vendredi 24 novembre 2017, l’association Alp’Europe a organisé une conférence « Les carrières européennes » à Sciences Po Grenoble. L’équipe est ravie de vous faire partager aujourd’hui l’interview de M. Thibaud Kurtz, consultant en bonne gouvernance et démocratie africaine et qui est intervenu durant la conférence pour faire partager son expérience avec les étudiants.

Q. Tout dabord, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre métier ?

Thibaud Kurtz : Je suis consultant en gouvernance démocratique et aussi analyste en géopolitique africaine. J’ai eu une expérience relativement vaste dans l’aide au développement et dans la gestion de projets aussi, et puis aussi un petit peu sur la gestion de sortie de crise. J’ai voulu, depuis deux ans, me spécialiser sur les questions de géopolitique en terme d’analyse et en terme de consultance sur les questions démocratiques. Je travaille dans l’accompagnement des processus électoraux en lien généralement avec la question de conflit électoraux : je viens d’ailleurs d’effectuer un travail sur la prévention des violences électorales en Afrique australe. C’est l’autre part de mon travail, j’ai une spécialité géographique sur les questions africaines.

Le consulting est un terme un peu à la mode et qui est un peu passe-partout. Cela implique surtout de « se vendre ». C’est beaucoup de temps passé à expliquer que l’on existe auprès de différents acteurs, répondre à des appels d’offres où parfois l’on n’a peut-être aucune chance, mais cela nous permet de montrer que l’on existe. Faire toute une série d’actions comme participer à des conférences, rencontrer des gens, relancer des contacts, passer beaucoup de temps à discuter et à écouter les gens et surtout essayer de les convaincre qu’ils ont besoin de vous, parce que, parfois ils ne le savent pas encore, ils vont peut-être avoir besoin de votre travail de consultant. Cela a un tarif donc il faut savoir le justifier.

Q. Pouvez-vous expliquer le lien entre votre travail et lEurope ?

Thibaud Kurtz : Premièrement, j’ai travaillé à Bruxelles, il y a plus de 10 ans maintenant. Je suis allé vers l’Europe pour aller vers le monde. Ensuite, je suis parti en Afrique Australe, j’ai travaillé pour l’Ambassade de France, l’Union Européenne puis à la mission britannique sur place au Botswana, qui est le siège de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe, l’équivalent, dans une certaine mesure, de l’Union Européenne pour l’Afrique Australe. Le lien fait que j’ai toujours travaillé dans un cadre diplomatique européen et parfois directement pour l’UE. Depuis que je suis consultant, une bonne partie des contrats que j’obtiens viennent et sont financés par l’aide de développement de l’UE.

Je vous parlais tout à l’heure de la prévention des violences électorales, c’est un projet qui a été financé par l’UE pour l’Afrique australe. C’est un secteur qui est en train de se développer au niveau européen et qui se structure, c’est-à-dire qu’au-delà des questions de développement plus traditionnelles, il y a maintenant tout une prise en compte de l’aspect démocratique, de l’aspect infrastructure et structure démocratique des institutions, car celles-ci doivent être redevable vis-à-vis de leurs citoyens : plus  elles le sont, meilleur est la stabilité, meilleur est le développement social, humain et économique.

Depuis plusieurs années, l’Union européenne se positionne comme l’un des acteurs clés dans ce secteur. Il existe plus de 200 projets depuis 2000 qui ont été financés dans l’accompagnement de processus électoraux, et de plus en plus maintenant avec un aspect de gestion de conflits et prévention des violences électorales. Ce sont plusieurs millions d’euros chaque année qui sont alloués par l’UE dans ce secteur, à la fois sur le budget communautaire et à la fois sur le budget du Fonds Européen au Développement :  c’est un fonds qui est approvisionné par les états membres, mais qui est géré par la Commission Européenne.

Q. Quels conseils donneriez-vous un étudiant qui veut se lancer dans la diplomatie et les relations internationales ?

Thibaud Kurtz : Il faut surtout être ambitieux, ne pas avoir peur et ne pas se dire que l’on n’est pas à sa place. Il faut essayer de bien comprendre le domaine dans lequel on intervient, et savoir ce qui nous plaît.

La diplomatie regroupe énormément de choses, donc si l’on préfère travailler à Bruxelles pour représenter un État membre ou si l’on préfère représenter l’UE à l’étranger, ce n’est pas le même métier. Si l’on veut être dans l’action, plutôt que dans l’analyse ou le lobbying politique, ce sont encore deux aspects différents. Je pense que la clé, c’est d’essayer de savoir ce qui nous plaît et ce qui vous convient en terme de personnalité, et d’avoir une vision aussi à la fois à court, moyen et long terme.

Ce qui a marché pour moi, ça a été de me dire que, d’abord, je savais pas ce qu’était une ONG, je ne savais pas ce qu’était l’UE, je ne savais pas ce qu’était un État membre. J’ai donc essayé de multiplier les expériences par des stages, des volontariats internationaux puis par des emplois, pour essayer de voir ce qui me convenait le mieux en tant qu’individu, et en tant que professionnel.

Plusieurs années plus tard, je me suis rendu compte que c’était plutôt l’aspect consulting qui me convenait. Il faut aussi faire un lien avec un phénomène global d’externalisation qui est mis en œuvre dans beaucoup d’institutions publiques. Cela consiste à externaliser beaucoup d’actions et de limiter les coûts notamment en termes d’emploi. Il y a de moins en moins de postes de diplomates : l’on a souvent recours au volontariat international, aux recrutés locaux, aux experts en consultance. Ce sont aussi des choses à prendre en compte lorsque l’on travaille dans ce domaine.

Autres points : il faut toujours être dans l’apprentissage, c’est toujours très important. Trouver le bon équilibre : montrer que l’on a toujours quelque chose à apporter, mais que l’on est là aussi pour apprendre. Il faut toujours apprendre.  Aujourd’hui, on a des outils fantastiques avec les cours en ligne, les MOOC etc. Mais  l’apprentissage, ce sont aussi les relations humaines : je fais beaucoup de mentorat et j’ai quelques personnes avec lesquels je discute régulièrement qui ne font pas ce que je fais. Je leur demande donc « Comment vous faites pour prendre une décision ? Comment vous faites lorsquil sagit de gérer un problème, de gérer un imprévu ? ». Gérer à la fois dans leur travail mais aussi dans leur rapport au travail en terme de carrière. Quand je pense aussi avoir acquis une certaine compétence ou une connaissance je n’hésite pas à les retransmettre à d’autres personnes :  on le fait souvent entre amis, mais si c’est plus cadré, cela peut être utile.  Par exemple, s’il s’agit de travailler au niveau de l’UE, ou de trouver quelqu’un qui travaille dans cette structure, il ne faut pas hésiter à le rencontrer via internet, des conférences, des discussions via Skype ou WhatsApp. Généralement, c’est le meilleur moyen pour se rendre compte de la diversité des parcours, des obstacles, et de se rendre compte de ce que l’on a déjà acquis, de ce qui est déjà maîtrisé, et là où l’on a encore besoin d’apprendre.

            D’autres points :  analyse du marché (terme très privé, très business) ; connaître sa valeur ajoutée par rapport à ses collègues, aux collègues potentiels et par rapport à ceux qui vont arriver (les étudiants de Sciences Po aujourd’hui ne sont pas formés de la même manière que moi, et je n’ai pas été formé de la même manière que les étudiants qui était là avant moi). Ne pas hésiter, lorsqu’il y a un nouveau besoin, à maîtriser de nouveaux outils. Ne pas hésiter à chercher et demander aussi. Prendre le temps de connaître, savoir ce que l’on veut, savoir si l’on est plutôt introverti ou extraverti.  Si l’on est introverti et que l’on se retrouve à faire de la communication ou du lobbying, cela peut vite devenir difficile.  Si l’on déteste être enfermé dans un bureau, il vaut peut-être mieux travailler dans l’humanitaire, plutôt de terrain que de bureau. Cela implique de passer du temps, comme vous le faites dans cette association, d’organiser des événements dans lesquels différents profils de personnes interviennent pour expliquer ce qu’ils font.

Q. Pouvez-vous nous citer les avantages et difficultés de votre métier ?

Les avantages ? Une certaine flexibilité, cela me permet d’avoir un équilibre entre ma vie privée et ma vie professionnelle. Je travaille beaucoup sur l’ordinateur ou en voyageant, et cela me permet de vivre à Lyon avec mon épouse. C’est un point très important. C’est un métier passionnant si l’on aime voyager, mais il ne faut pas que le voyage devienne une prison.

C’est relativement bien payé, mais quand c’est payé : c’est aussi un des points négatifs. C’est un désavantage par rapport un salaire régulier : il peut y avoir des périodes où l’on ne vas pas très bien gagner sa vie, il faut le savoir. Quand on se lance, il vaut mieux avoir une petite capacité personnelle d’investissement pour anticiper ces périodes. Mais si cela ne se passe pas trop mal, l’on arrivera à gagner assez pour travailler trois, six ou neuf mois dans l’année en fonction. Par compte, quand on travaille, on travaille énormément. C’est l’autre point négatif : s’il faut rendre un document pour le lendemain, et qu’on vous la demander à 16 heures, il faut le faire, on n’a pas le choix.

 

Propos recueillis par Célia Niessen

 

INTERVIEW AVEC SAMIA LACOSTE, CONSULTANTE EN GESTION DE PROJETS POUR LE SYNDICAT DE L’OUEST LYONNAIS

Le vendredi 24 novembre 2017, l’association Alp’Europe a organisé une conférence « Les carrières européennes » à Sciences Po Grenoble. L’équipe est ravie de vous faire partager aujourd’hui l’interview de Mme Samia Lacoste, consultante en gestion de projets et qui est intervenue durant la conférence pour faire partager son expérience avec les étudiants.

Q. En quoi consiste votre métier ? Quelles sont les tâches principales que vous avez à accomplir ?

Samia Lacoste : Mes tâches principales sont la mise en place de procédures pour le programme LEADER, c’est-à-dire l’animation et la gestion des projets sur le territoires Ouest Lyonnais. Je suis chargée de les instruire et les suivre jusqu’à leur finalité, afin de m’assurer de leur réalisation effective et financière.

En effet, 31 territoires ont répondu à un appel à projets européen et ont été sélectionnés pour recevoir des fonds européens LEADER. C’est le cas du syndicat de l’Ouest Lyonnais, qui représente quatre intercommunalités, soit 42 communes, et qui a réalisé une demande de fonds afin de mettre en place des projets de développement du territoire.  

Q. Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui souhaiterait travailler comme vous dans la gestion de projets européens ? Quelles sont les compétences phares ?

Samia Lacoste: Selon moi, le plus important et d’avoir un esprit ouvert, et de posséder une capacité de transversalité : dans mon métier, nous devons être capables de gérer sur l’animation de projet, tout en restant conscients de la réglementation nationale et européenne, qui sont complexes à appréhender et à maîtriser. Il faut donc savoir être « animateur » tout en restant rigoureux et procédurier, cela demande donc une forte polyvalence.

Q. Quel est votre parcours au niveau académique ? Comment vous êtes-vous dirigée dans la gestion de projet ?

Samia Lacoste: J’ai un parcours assez atypique ! Je possède un master en audit et contrôle de gestion, et j’ai débuté ma carrière comme contrôleur dans un cabinet d’audit. Pour diverses raisons, j’ai choisi de me réorienter et j’ai fait la découverte de la gestion de projet un peu par hasard. Ce qui m’a attiré, c’est la variété de ce métier. Nous traitons aussi bien d’inclusion sociale, que de développement territorial, de compétitivité, d’aide aux personnes mais également d’aide aux entreprises. C’est un métier très varié, qui permet toutefois de conserver une certaine rigueur.

Q. Quels sont selon vous les avantages et les inconvénients majeurs de votre métier?

Samia Lacoste: Pour moi, l’avantage majeur reste la polyvalence et la diversité des thématiques. Cela permet d’utiliser plusieurs compétences, des ressources humaines à l’ingénierie financière, à l’innovation sociale. Il faut donc être adaptable et dynamique, notamment face aux importantes variations politiques, qui nous influencent directement. Cela demande de toujours rester en veille, de rester vigilant par rapport à ce qui se met en place. Les difficultés sont justement liées à ça, car nous sommes souvent bloqués et arrêtés par des aspects politiques. Une autre difficulté est que les procédures peuvent être très chronophages et technocratiques.

Propos recueillis par Mathilde Berjat

Interview avec Marie-Claude BLIN, Ancienne fonctionnaire de la Commission européenne

Le vendredi 24 novembre 2017, l’association Alp’Europe a organisé une conférence « Les carrières européennes » à Sciences Po Grenoble. L’équipe est ravie de vous faire partager aujourd’hui l’interview de Mme Marie-Claude Blin, ancienne fonctionnaire de la Commission européenne et qui est intervenue durant la conférence pour faire partager son expérience avec les étudiants.

Q.En quoi consistait votre métier à la Commission européenne ?

Marie-Claude Blin: Ce qui est intéressant tout d’abord dans les métiers de l’Europe, c’est que c’est un travail avec de multiples facettes, et il est possible de faire des métiers très différents sous ce vocable d’ « eurocrate ». Je suis récemment retraitée, et pour ma part, mon métier a eu différentes étapes.

J’ai passé un concours d’administrateur postuniversitaire, et j’ai tout d’abord travaillé dans le domaine du droit douanier – je suis juriste -, qui est un domaine tout à fait intégré avec une politique commune depuis les années 1960, c’est un secteur très européanisé. Ensuite, j’ai travaillé dans le domaine de la TVA, de la fiscalité, un domaine beaucoup moins coordonné. Pour terminer, je me suis intéressée au droit de l’environnement. C’était un droit en gestation à l’époque. Lorsque j’ai quitté la fonction publique européenne par retraite, j’étais chef de service adjoint à la DG environnement, et je coordonnais notamment l’ensemble des procédures de précontentieux et de contentieux à l’égard des 28 Etats-membres dans le domaine des manquements au droit de l’environnement. Cela signifiait négocier avec les Etats-membres, porter un projet au niveau interne, le défendre au niveau des différents services de la Commission européenne dans les directions générales, et puis quand on en arrive à la procédure d’infraction, aller à l’encontre des Etats-membres, les amener à reprendre le droit chemin – et si ce n’est pas le cas les conduire devant la Cour de Justice à Luxembourg.

Q.Quels conseils donneriez-vous à une étudiant souhaitant travailler à la Commission européenne ?

Marie-Claude Blin : C’est quelque chose qui est plutôt antinomique, mais être à la fois motivé, volontaire et humble. Notre approche hexagonale des choses nous amène à penser que nous « savons », et ce n’est pas un propos générationnel. En l’occurrence, s’il y a vraiment un atout, c’est d’être curieux d’esprit, tolérant, et de rester constructif. Car très souvent, le dossier sur lequel on travaille ne passe pas par la porte, mais devra passer par la fenêtre ou par la cheminée…et il faut continuer à être persuasif.

Le second élément, qui est peut-être moins de portée actuellement qu’il ne l’était pour ma génération, c’est d’être très à l’aise en langues. Cela reste encore une contrainte que souvent les étudiants, les jeunes français, maitrisent mal dans ce type de fonction ou de perspective.

Q. Combien de langues pensez-vous qu’il faille maîtriser ?

Le concours, le recrutement, se fait sur trois langues. Je pense qu’il vaut mieux jouer la « voie royale » que les autres formules temporaires pour travailler dans les institutions. A mon sens, si on a le corps chevillé à cette fonction publique européenne, il vaut mieux y aller par le biais du concours.

Q. Quels sont les avantages et les difficultés de votre métier ?

Marie-Claude Blin : Les avantages, par définition, pour moi tel que je l’ai vécu, c’est ce monde international, qui est une façon se de remettre en question, de remettre le « travail » sur le « métier », de trouver une voie de sortie sur un texte législatif, sur une bonne application du droit telle que les Etats l’ont prévue.

J’ai ressenti des contraintes particulièrement dans la dernière étape de ma carrière dans le droit de l’environnement. D’une façon générale les citoyens veulent plus d’environnement, c’est un des domaines où ils estiment que l’Europe peut mieux faire. Les hommes et femmes politiques poussent donc sur ce volet, mais on a bien vu les difficultés des différentes COP. Au niveau de la mise en œuvre, on se rend compte de deux paramètres : c’est une politique très coûteuse, et à long terme. Cela signifie pour les hommes et femmes politiques qu’ils doivent tout faire pour que cette politique soit appliquée maintenant, mais que les bénéfices en reviendront dans vingt ans peut-être pour le plus grand bonheur d’un de leurs opposants politiques. Dans la mesure où l’homme politique – et c’est un propos tout à fait de science politique de base – fonctionne au niveau de son élection prochaine, il y a un déphasage temporel qui existe.

Pour en revenir aux avantages de mon métier, je dirais que c’est de travailler avec des cultures différentes, des langues différentes, mais aussi des origines universitaires différentes. Par exemple, travailler avec un ingénieur atomiste, pour un juriste on ne parle pas la même langue, même si l’on est français tous les deux…c’est remarquable !

Enfin, une des difficultés du métier est de savoir « mettre son poing dans sa poche » quand on voit qu’un texte ne passera pas au Parlement européen ou au Conseil parce que d’autres impératifs sont apparus. Il faut alors reprendre son dossier, motiver ses troupes et dire à son équipe qu’elle fait un travail formidable et que cette construction juridique est magnifique, mais qu’elle n’est pas vendable politiquement.

Propos recueillis par Eva Gerland

 

 

Simone Veil, cette légende…

Une grande icône de la vie politique française et européenne nous a quittés.

Simone Veil, cette « figure de proue », comme l’avait qualifiée Jean D’Ormesson à l’Académie Française, est décédée l’âge de 89 ans, ce vendredi 30 Juin 2017. Les hommages se sont multipliés tout au long de la journée pour cette femme qui a commencé sa vie dans l’horreur de la Shoah, et qui a tout perdu avec la disparition de ses proches dans la guerre. Simone Veil, qui gardera à jamais gravé son passé sur son bras avec le matricule 78651, a pourtant choisi de survivre et de ne jamais plus renoncer à sa liberté.

En véritable survivante, elle a su se faire sa place dans la société. Dans l’univers alors majoritairement masculin de la magistrature, et contre les avis de ses proches, Simone Veil s’est fait respecter et s’est imposée pour faire entendre sa voix. Dès la fin des années 1960, elle s’est peu à peu démarquée en faisant notamment son entrée au cabinet du Ministre de la Justice. Jacques Chirac la nomme Ministre de la Santé en 1974 : c’est alors le début d’une grande bataille pour la liberté des femmes. En 1975, elle fait voter un projet de loi considéré comme révolutionnaire qui permet dorénavant aux femmes de pouvoir disposer librement de leur corps grâce à la légalisation de l’avortement.                « Personne n’a jamais contesté que l’avortement soit un échec quand il n’est pas un drame. Mais nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300 000 avortements qui, chaque année, mutilent les femmes de ce pays, humilient ou traumatisent celles qui y ont recours… », affirme-t-elle devant l’opposition à l’Assemblée Nationale.

En 1979, Simone Veil alors déjà figure de la vie politique française, fait un bond dans l’Histoire de l’Europe en devenant la première femme Présidente du Parlement Européen, élue au suffrage universel. Elle voit alors en ce mandat le moyen de combattre les démons du passé : plus que jamais, la réconciliation franco-allemande et la reconstruction politique et culturelle de l’Europe sont nécessaires pour mettre fin à ces périodes de guerres et assurer la paix, la démocratie et le respect des droits de l’Homme.

Le 17 Juillet 1979, alors nouvellement élue, Simone Veil, en femme engagée,  prononce un discours qui restera marqué dans l’Histoire de l’Europe, dans lequel elle insiste sur l’importance de rester « unis dans la diversité », discours qui fait étrangement écho à notre actualité, à l’heure de la montée des populismes et du Brexit : « (…) Je n’ignore pas que, bien qu’issus d’une civilisation commune et formés par une culture nourrie aux mêmes sources, nous n’avons nécessairement ni les mêmes conceptions de la société, ni les mêmes aspirations (…). Quelles que soient nos différences de sensibilité, je pense en effet que nous partageons la même volonté de réaliser une Communauté fondée sur un patrimoine commun et un respect partagé des valeurs humaines fondamentales. »

Figurant longtemps parmi les personnalités préférées des Français, Simone Veil a marqué l’Histoire et, encore aujourd’hui, ses idéaux continuent de planer au-dessus de la vie politique.

Alors un grand merci à toi, Simone, pour avoir su te battre contre les horreurs d’un monde déchiré par la haine de l’autre et la violence ; merci de t’être battue pour les femmes de ce pays, et de leur avoir permis d’avoir enfin le choix ; merci d’avoir œuvrer pour une Europe en paix. Les jeunes générations sauront ce que tu as accompli pour nous, et nous ferons en sorte que tes idées continuent de briller pour les décennies à venir. Tout simplement, merci.

 

 

Happy Birthday Europe !

Aujourd’hui, 25 Mars 2017, l’Union Européenne célèbre ses soixante premières années depuis la signature des Traités de Rome en 1957. Cela fait donc désormais plus d’un demi siècle que les six pays fondateurs se prononcèrent pour une coopération inédite en instaurant la Communauté Économique Européenne (CEE), ainsi que la Communauté européenne de l’énergie atomique (EURATOM), jetant ainsi les bases de l’Union Européenne que nous connaissons aujourd’hui.

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Conférence des Carrières Européennes, pour découvrir la multiplicité des métiers de l’Europe !

L’Association Alp’Europe a à cœur de promouvoir les actions concrètes de l’Union Européenne. Dans cette démarche, la Conférence des Carrières Européennes a eu pour but de montrer une autre face de l’Union Européenne, par l’explication des métiers d’hommes et de femmes, qui chaque jour, participent à sa construction.

 

Être fonctionnaire à la Commission Européenne ? La possibilité de mener plusieurs carrières en une seule

Mme Marie Claude BIN, ancienne fonctionnaire de la Commission Européenne a eu un parcours étudiant et professionnel, riche en changements ! Elle fut tout d’abord diplômée de droit, avant d’obtenir un DEA de droit européen, puis elle intègre un centre de recherche, le CRUI, sous le mentorat de Claude Bert. Après un stage universitaire auprès de la DG douane, elle se dirige alors vers l’Ecole Nationale des Douanes, puis vers les services de réglementation à Rivoli. Elle travaille ensuite au sein de la RP France, au Ministère des Finances dans les règlements douaniers.

Sa carrière européenne débute alors qu’elle réussit le concours d’administrateur de la Commission Européenne, et obtient un poste d’administrateur de réglementation douanière. A la Commission, elle travaille sur des sujets de droit fiscal, droit de l’environnement (notamment en poursuivant devant la Cours de Justice des Communautés les Etats Membres en manquement sur la protection à l’environnement). Elle vit désormais en France, où elle est engagée comme membre de Conseil municipal à la Tronche, et suit les sujets relatifs à la transition écologique à Grenoble.

De cette carrière passionnante, en plein cœur des années Jacques Delors, ressortent des convictions claires et un engagement déterminé : « Plus le ventre mou de l’Europe devenait mou, plus les convictions internes devenaient virulentes » déclare Mme Blin. Elle souligne ainsi l’importance de l’engagement européen, convaincue que « le mieux viendra du vivre ensemble, et pas du clivage », et met en avant l’importance toujours grandissante de la tolérance et la solidarité.  Selon elle, le projet européen doit être poursuivi par les étudiants, notamment en cette période de crise de confiance sur l’Union Européenne et sur les personnes politiques en général : c’est aux futures générations de saisir ce momentum, et d’assurer la relève.

Travailler dans l’humanitaire avant d’être lobbyiste pour GRDF, le témoignage de Guillaume Virmaux, chef du bureau à Bruxelles

Cet ancien étudiant de Sciences Po Grenoble a débuté sa carrière à Madrid, en pleine ouverture des marchés énergétiques, et a participé à la création des premiers bureaux Gaz de France en Espagne. Après quelques années à Paris, il décide d’opérer un changement radical et travaille à Médecin sans Frontières au Congo, puis en Haïti. Ces années d’humanitaires se révèlent extrêmement enrichissantes mais néanmoins éprouvantes, et Mr Virmaux fait le choix de rentrer en France, où il travaillera à nouveau chez Gaz de France. Plus tard, il aura l’opportunité de créer le département des affaires européennes GRDF à Bruxelles, poste qu’il occupe toujours.

Aidé d’associés et de stagiaires, il est chargé de l’analyse des packages délivrés par la Commission Européenne, et propose un très grand nombre d’amendements au Parlement Européen, dans le but de représenter les intérêts de GRDF. Le travail de lobbyiste est intense et varié, et il s’agit de rencontrer les associations, les ONG, les parlementaires et les commissaires européens, ainsi que les journalistes ; de rédiger des Impact Assessement et des Positions Paper, afin de « porter l’intérêt particulier de l’entreprise, mais aussi contribuer à l’intérêt général européen en participant au débat » nous explique Mr Virmaux.

Avec beaucoup d’humour, il sépare la vision du « grand méchant lobbyiste » d’avec sa réalité professionnelle, le lobbyiste comme élément clef du processus européen.  En effet : « au-delà de l’influence des décisions européennes, le lobbyiste a la tâche de faire un trait d’union entre l’expertise et l’activité concrète de l’entreprise, afin que les politiques publiques européennes soient pertinentes et effectives ». La pédagogie est donc une capacité clef de l’exercice de son métier. Il recommande également aux étudiants intéressés par le lobbying de se munir d’audace, et d’ouverture interculturelle : il faut en effet travailler avec des acteurs variés et des personnes de nationalités multiples, aux manières de pensées et codes parfois très différents des nôtres.

Interrogé sur la perméabilité du travail dans les lobbys, il répond qu’il n’y a aucune difficulté de passer d’un travail de lobbyiste à un travail dans les institutions, à partir du moment où l’on reste intègre et cohérent dans sa démarche. Néanmoins, il faut peut-être éviter de travailler pour un lobby du tabac, et ensuite tenter de rejoindre la DG HEALTH …
A la question « existe y-il un lobbyiste éthique ? », il affirme qu’un lobbyiste éthique est simplement un lobbyste qui reste honnête dans sa démarche, et agit avec le plus de transparence possible. Les lobbys existent à toute échelle, que ce soit pour les ONG ou les entreprises, et il ne faut pas s’en effrayer.

Aller vers l’Union Européenne pour s’ouvrir sur le monde, le choix de Thibaud Kurtz, Consultant en bonne gouvernance et démocratie africaine.

Egalement ancien élève de Sciences Po Grenoble, il débute sa carrière par un stage au sein d’EurAc (European Network for Central Africa), et se passionne pour la question de la Crise des Grands Lacs africains. Au sein de cette organisation, composée de plus de 50 ONG travaillant sur ce sujet, il a pour mission de rédiger des plaidoyers –il souligne, que ce n’est qu’une manière détournée de faire du lobbying –, de travailler avec d’autres associations et de mener des débats avec les responsables locaux. A la suite de ce stage, il effectue un Volontariat International au Bostwana, au siège de l’Organisation de Développement de l’Afrique Australe.

Plus tard, il décroche un poste au sein de la Haute Commission Britannique à Bagoron. Il est alors en charge de la gestion de projets de développement social, notamment sur les questions de la démocratie et du vote pacifique. Ainsi, devenu consultant indépendant, il décide de se spécialiser sur l’analyse des questions géopolitiques et des questions démocratiques, notamment sur l’accompagnement des processus électoraux en lien généralement avec la question de conflit électoraux : il vient par exemple d’effectuer un travail sur la prévention des violences électorales en Afrique australe.

Plus généralement, le consulting est un travail flexible, aux tâches variés, mais qui comporte des difficultés : il s’agit avant tout de « se vendre », de créer un réseau en participant à des conférences. La fibre relationnelle est primordiale, dans la mesure ou il s’agit surtout « de convaincre les gens qu’ils ont besoin de vous, parce que, parfois ils ne le savent pas encore, ils vont peut-être avoir besoin de votre travail de consultant. ». Même si le lien avec l’Union Européenne n’est pas évident au premier regard, il est pourtant bien réel, et montre une nouvelle fois la variété des carrières européennes : pour Mr Kurt, les nombreux contrats qu’il obtient son financés par l’UE, car l’Europe est un acteur clef dans l’aide au développement de l’Afrique australe, notamment en ce qui concerne les questions démocratiques.

Lorsqu’on lui demande les conseils qu’il prodiguerait à un étudiant souhaitant suivre sa voie, il recommande tout d’abord de toujours se munir d’humilité, particulièrement pour travailler sur des questions « humanitaires ». Il constate qu’il est dangereux de se considérer comme un expert absolu sur ce genre de sujet : il faut au contraire rester humble, et se tenir constamment informé. L’apprentissage continu est également primordial pour lui : il participe ainsi à des mentorats, avec des personnes aux métiers entièrement différents, ce qui lui permet de constamment mettre en jeu sa vision et ses méthodes de travail.

Enfin, il est « important de se connaitre » lorsque l’on réfléchit à un choix de carrière. En effet, au-delà des sujets qui nous intéressent, il conseille de se demander quel type d’activité nous conviendrait vraiment. Certains seront ainsi plus à l’aise dans un bureau alors que d’autres préféreront le terrain, les extravertis seront à l’aise dans un contact constant avec des interlocuteurs dans le cadre d’un lobbys, d’autres préféreront un cercle restreint de collaborateurs… Pour Mr Kurtz, le choix d’être consultant lui permet de trouver un équilibre entre sa vie privée et professionnelle, grâce au travail à distance.

L’Union Européenne, toujours plus efficace pour nos territoires grâce au métier de Samia Lacoste, Consultante en fonds européens

Mme Samia Lacoste, Consultante en Gestion de Projet pour le syndicat de l’Ouest Lyonnais, se décrit elle-même comme possédant un parcours atypique : elle débute sa carrière par un diplôme en audit et contrôle de gestion à l’IAE de Lyon, et puis rejoint le cabinet Deloitte. Plus tard, elle fait le choix de devenir consultante indépendante en audit. Elle se dirige ensuite vers l’Agence des Services et des Paiements à Lyon en tant que contrôleur de services, et découvre ainsi la gestion de projets européens, et traite des questions d’insertion sociale et d’agriculture.

Cette découverte est quasiment une révélation, puisqu’elle obtient un poste de contractuelle en charge du FSE, où elle est chargée de contrôle « pédagogique et non pas punitif » sur les entreprises d’insertion sociale et professionnelle. Elle travaille pour la Région Rhône-Alpes en tant qu’instructive FEADER, et est aujourd’hui en charge des procédures LEADER pour le syndicat de l’Ouest Lyonnais. Ses tâches consistent à aider au montage de projet, et notamment le montage financier. Les projets qu’elle gère sont très divers, un point très positif selon elle puisqu’elle passe du développement agricole au développement rural, de l’aide aux entreprises à l’accompagnement des structures pour l’inclusion sociale par exemple.

D’après elle, le métier de la gestion de projet européen est souvent méconnu, alors qu’il permet de toucher à des thématiques variées, tout en conservant une rigueur professionnelle. Elle conseille d’ailleurs aux étudiants intéressés par ces carrières de garder à l’esprit une forte polyvalence et une grande adaptabilité, afin de s’adapter à un métier mouvant, toujours soumis aux changement politiques, tout en restant capable de suivre les procédures administratives européennes et nationales, un grand incontournable du montage de projets !

Au travers de ces quatre témoignages, on peut réaliser la multiplicité des métiers possibles au sein des « Affaires Européennes » et les parcours riches en rebondissements et en expériences diverses. La Commission européenne, le lobbying, le consulting sur des questions humanitaires ou en gestion de projets financés par l’UE sont autant de voies possibles pour les étudiants intéressés par les métiers de l’Europe. Au-delà des nombreux et précieux conseils prodigués par ces professionnels venus partager leur expérience, nous retiendront ce fil conducteur de polyvalence : les futurs professionnels européens sont adaptables, inscrits dans un multiculturalisme et curieux pour aborder de nombreux sujets et semblent enfin avoir tous gardé à l’esprit cette idée d’Union dans la diversité.

L’équipe d’Alp’Europe remercie une nouvelle fois ces intervenants pour leur participation, ainsi que les étudiants qui sont venus nombreux pour assister à cette conférence.

 

 

Propos retranscris par Mathilde Berjat.

 

Interview de Sylvie Guillaume, Vice-présidente du Parlement Européen

Le premier décembre 2016 se tenait à Sciences Po Grenoble une conférence organisée par le Bureau d’information du Parlement européen à Marseille, en partenariat avec  l’UPEG, les Jeunes Européens Isère, le centre d’information Europe direct Grenoble et l’association Alp’Europe. Sylvie Guillaume (Eurodéputée), Olivier Dandoy (Membre de la Commission Européenne) et Sabine Saurugger (Enseignante-Chercheur) ont échangé sur le thème du lobbying et de la transparence en Europe. A la marge de cet évènement, Sylvie Guillaume a accepté de répondre à nos quelques questions.

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